La stratégie européenne EEE

Dès 1992, une prise de conscience de l’enjeu des EEE au niveau international, dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, a conduit l’Europe à réfléchir et élaborer une stratégie sur son territoire.

Dès 2003, une stratégie est approuvée en préconisant un certain nombre de principes relayés par les états membres et les acteurs du territoire (stratégie validé en 2010 par le GRAPEE au niveau de l’Auvergne).

En 2014, un règlement européen négocié à l’échelle des états membres afin d’aboutir à une intervention cohérente et coordonnée à l’échelle de l’Europe est entré en application pour 2015. En 2016, une liste de 37 espèces prioritaire vient compléter ce dispositif.

La stratégie nationale EEE

Alertés au fur et à mesure des effets négatifs causés par ces invasions, les pouvoirs publics et de nombreux organismes mondiaux de préservation de l’environnement ont développé des politiques adaptées visant, d’une part, à améliorer les connaissances des espèces envahissantes et des phénomènes d’invasions, d’autre part, à tenter de contrôler les populations d’espèces susceptibles d’apporter de sévères atteintes environnementales, sanitaires ou économiques.

En France, depuis plusieurs années, les Ministères en charge de la Santé, de l’Agriculture de l’Agroalimentaire et de la Forêt, et de l’Environnement sont confrontés à cet enjeu de taille dans leur domaine respectif d’intervention.

Concernant les milieux naturels et la biodiversité, le Ministère en charge de l’écologie s’appuie sur une stratégie nationale de lutte élaborée en 2009 découlant des engagements du Grenelle de l’environnement et de la Convention sur la diversité biologique. Cette stratégie a également été alimentée par les résultats du programme « Invasions biologiques » (INVABIO), lancé en 1999, qui a permis entre 2000 et 2006, de financer une trentaine de projets relatifs aux EEE.

Pour la mise en œuvre de cette stratégie, les Conservatoires botaniques nationaux (à propos de la flore) et le Muséum national d’Histoire Naturelle (à propos de la faune) ont pour mission la coordination scientifique des différentes missions réalisées par les établissements publics de l’État tels que l’ONEMA, l’ONCFS, l’UICN ainsi que d’autres organisations impliquées sur les espèces exotiques envahissantes.

La parution en 2014 d’un « Règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes (EEE) », son application dès janvier 2015, et en 2016 d’une liste de 37 espèces exotiques envahissantes (faune et flore) va permettre par sa déclinaison sur le territoire national une adaptation de cette stratégie avec une meilleure coordination avec les autres états européens. L’action jusqu’alors fragmentée des états membres pour la plupart des EEE devrait passer à une action commune et coordonnée sur les 37 espèces ciblées prioritairement. Ceci n’empêchera pas chaque état de compléter leur action sur d’autres espèces jugées prioritaires sur le territoire concerné.

La stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes (EEE) vient de paraître fin mars 2017. Cette stratégie vise à protéger les écosystèmes marins, dulçaquicoles et terrestres, ainsi que les espèces de faune et de flore par rapport aux risques liées aux invasions biologiques.

La stratégie cible les populations d’espèces de faune et de flore introduites, ou pouvant l’être, ayant des impacts écologiques, économiques ou sanitaires négatifs potentiels ou avérés. Elle vise à enrayer les introductions de ces espèces et à limiter les effets de celles déjà présentes. Elle intègre les populations d’espèces exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes, celles qui sont répandues ou émergentes sur le territoire et celles pouvant y entrer.

L’objectif général est de renforcer et structurer l’action collective concernant la prévention et la sensibilisation, la mise en place de dispositifs de surveillance et de réaction rapide, les moyens de gestion sur le long terme, y compris la restauration des écosystèmes, et l’amélioration des connaissances.

La stratégie se décline en 5 axes déclinés en objectifs :

  • – Axe 1 : Prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes
  • – Axe 2 : Interventions de gestion des espèces et restauration des écosystèmes
  • – Axe 3 : Amélioration et mutualisation des connaissances
  • – Axe 4 : Communication, sensibilisation, mobilisation et formation
  • – Axe 5 : Gouvernance

STRATÉGIE NATIONALE relative aux espèces exotiques envahissantes

La règlementation nationale relative aux EEE

D’un point de vue règlementaire, les dispositions relatives aux espèces exotiques et, en particulier la faune, sont dispersées dans nombreux domaines socio-économiques tels que l’environnement, l’agriculture, la pêche, la forêt, la ressource en eau et concernent aussi bien l’introduction, que la détention, l’élevage, le commerce, la présentation au public, la chasse, le transport, … et ce pour des raisons historiques et administratives.

Ce volet gagnerait en lisibilité et en efficacité si une règlementation simplifiée et concertée pouvait voir le jour.

Pour la flore en termes de règlementation relative aux espèces, seules les jussies sont interdites à la vente depuis 2007. La Directive européenne DE 2014, accompagnée de sa liste d’espèces de 2016 va probablement faire évoluer la règlementation nationale.

Pour plus d’infos : Législation et réglementation sur les espèces exotiques envahissantes, page 46 dans Les espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques. Connaissances pratiques et Expériences de gestion, Volume 1 : Connaissances pratiques.

Vertébrés exotiques envahissants – Réglementation

Une synergie d’intervention EEE en Auvergne

Lutter contre ou résister aux espèces exotiques envahissantes consiste à réduire les risques que présentent ces espèces pour l’environnement, l’économie et la société et à protéger les écosystèmes. Pour mener à bien cette action, il s’agit de bien évaluer les menaces, de favoriser une bonne gestion des espèces, des habitats et des paysages afin de diminuer les risques, et de veiller à ce que l’échange, la communication et la coordination des actions mises en œuvre soient efficaces.

Une telle stratégie vise tout autant à agir sur la prévention de nouvelles invasions que sur la lutte ou la gestion des espèces envahissantes déjà installées. Son but principal étant de restaurer et de favoriser la biodiversité naturelle.

Ainsi, l’intervention contre les espèces exotiques envahissantes requiert, pour être efficace, que les actions menées soient à la fois rapides voire anticipées, préparées, concertées, coordonnées et éclairées par les expériences et connaissances accumulées. La prise de conscience et la participation des décideurs, des socioprofessionnels et du grand public, sont essentielles car les actions isolées de quelques acteurs risqueraient fort de s’avérer vaines et insuffisantes.

Les différents travaux et positionnements respectifs du CEN Auvergne et du CBN Massif central, ainsi que l’attention que portent ces deux structures à la conservation de la biodiversité les ont conduits à s’associer, avec l’appui de l’ONCFS pour le volet Faune exotique afin de proposer à l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, la DREAL et la Région Auvergne, une démarche régionale contributive à la prise en compte des espèces exotiques envahissantes par l’information d’une part d’un large public et, d’autre part, en travaillant avec un public technique plus ciblé sur la base d’études de cas.